« Le passé simple est une exigence de justice sociale »

15 avril 2018

Dans une tribune au Parisien – Aujourd’hui en France, le ministre de l’Éducation nationale défend sa réforme du bac et du lycée et revient sur ses ambitions pour l’école primaire.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

« Nos vies personnelles et professionnelles sont faites d’écrits et de paroles. C’est par la parole et l’écrit que nous construisons des relations avec les autres. La civilisation numérique dans laquelle nous entrons exige plus que jamais que nous sachions communiquer avec justesse et précision. Lire, écrire, compter et respecter autrui sont donc les savoirs indispensables pour que chacun puisse prendre confiance en soi, développer ses talents et construire sa vie. L’école de la République porte cette ambition pour tous. Elle doit les enraciner dans ces savoirs pour leur donner la capacité de se déployer pleinement.

Savoir additionner, soustraire, multiplier, diviser, lire un texte et le comprendre, pouvoir exprimer sa pensée à l’écrit comme à l’oral, être à l’écoute de l’autre et le respecter sont les savoirs fondamentaux nécessaires à tous. À chaque fois que nous diminuons nos exigences sur ces points, nous contribuons à l’injustice. Nous empêchons les élèves d’être en capacité d’atteindre le meilleur d’eux-mêmes. Nous mettons en péril leur réussite, notamment celle des plus fragiles. Nous avons la chance d’avoir une langue magnifique par sa richesse et sa précision et qui contribue au rayonnement de notre pays. Elle structure notre pensée et fait ainsi notre originalité. Elle est notre sève. Il faut donc donner aux enfants l’amour de cette langue en leur faisant partager ses subtilités et ses complexités. La langue française est notre bien commun.

Démocratisation de l’école ne veut pas dire transmission d’un savoir allégé

C’est pourquoi, dès l’école primaire, les élèves doivent enrichir leur vocabulaire et maîtriser les temps de la conjugaison. Par le passé, certains ont eu tendance à considérer que la démocratisation de l’école nécessitait la transmission d’un savoir allégé. Voilà une idée fausse qui a beaucoup nui à l’école. Exemple : le passé simple. J’ai exprimé publiquement mon étonnement sur le manque d’ambition de l’école primaire sur la conjugaison. Pourquoi attendre d’un élève de 6e qu’il ne conjugue le passé simple qu’à la 3e personne du singulier et du pluriel ?

Le passé simple, s’il n’est pas appris à l’école, le sera en famille, mais dans certaines familles uniquement, privant ainsi certains enfants de pans entiers de notre littérature et même d’une vision complète de la richesse de notre langue. Il est donc important que l’école offre à tous le meilleur de la connaissance. C’est une exigence de justice sociale.

Attendre beaucoup des élèves, c’est en effet un acte de confiance dans leur potentiel…

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