Dictée de vacances

La Gloire de mon père

« Vers le 10 août, les vacances furent interrompues, pendant tout un après-midi, par un orage, qui engendra comme c’était à craindre, une dictée.

L’oncle Jules, dans un fauteuil près de la porte vitrée, lisait un journal. Paul accroupi dans un coin sombre, jouait tout seul aux dominos, c’est-à-dire qu’il les plaçait bout à bout, au hasard, après des réflexions et des soliloques. Ma mère cousait près de la fenêtre. Mon père assis devant la table, tout en aiguisant un canif sur une pierre noire, lisait à haute voix, répétant deux ou trois fois chaque phrase… »

Marcel Pagnol, La Gloire de mon père, Éd. de Fallois, 1957, p. 117.)